Ecrire un livre
Mar 5
2026

Écrire un livre : le grand huit émotionnel et logistique

Julie Fabre

Aujourd’hui, Julia & moi sommes très heureuses d’accueillir une invitée particulière avec qui nous partageons (au moins) deux passions communes : l’écriture et les livres !! 🤓
Maiiiis si, chez J&J, on est plutôt sur des articles de blog & des newsletters côté écriture et de la gloutonnerie de thrillers côté lecture… Anaëlle, elle, est (entre autres) autrice de roman 😍 – et je t’encourage à aller découvrir son univers par ici !
Son travail et sa personnalité nous ont donné envie de l’inviter à partager son expérience sur le blog, notamment en nous dévoilant les coulisses de l’écriture d’un livre ✍🏻 (c’est-à-dire les backstages réels, sans filtres et sans paillettes 🤭). Let’s go, je lui passe tout de suite le micro clavier !

Écrire un livre… ça ressemble à quoi ?

À première vue… c’est pas bien compliqué : on ouvre un document, on écrit… un jour on tape le mot Fin et tadaaaa ! 🥳 Sur Instagram, ça a même l’air encore plus simple : un carnet beige, un latte mousseux et une citation inspirante…

Dans la vraie vie ? C’est un chouia 🤏🏻 plus compliqué. Ça ressemble plutôt à un Google Doc de 147 pages intitulé Livre_version_finale_v15_definitive_cette_fois_bis.

Que tu veuilles écrire un roman, un livre blanc, un essai, un récit entrepreneurial ou un manifeste pour ton secteur, le principe reste le même. Écrire un livre, c’est pas seulement un projet créatif et exaltant. C’est aussi un projet long (c’est important donc je répète : lonnnnnng), structurant, et exigeant.

Bref, c’est un grand huit émotionnel… et logistique. 🎢 Alors avant d’acheter ton billet, laisse- moi te raconter dans quoi tu t’embarques vraiment.

Avant même d’écrire, ce que personne ne te dit

On ne monte pas dans un grand huit sans jeter un œil au nombre de loopings et sans vérifier que l’estomac est prêt à coopérer. Un grand huit, ça se prépare un minimum. Un livre aussi 📖

La question avec un grand Q : pourquoi ?

Le pourquoi tu veux écrire ce roman doit être super fort. C’est les rails de ton grand huit, alors il a plutôt intérêt à être solide.

Pourquoi ce livre devrait exister ? Et attention (I see you 👀), pas juste un « ça serait cool » ou « tout le monde me dit que je devrais en écrire un… »

Parce que je peux t’assurer que ça ne suffira pas quand tu seras à 60 % du manuscrit, épuisé(e), avec zéro inspiration et 13 mails urgents en attente.

Je te parle d’un vrai pourquoi qui vient du fin fond du cœur ❤️ et du cerveau 🧠, parce que c’est ce qui va :

  • te tenir quand tu voudras abandonner (et ça arrivera plusieurs fois) ;
  • structurer ton message ;
  • et devenir le cœur de ta promotion après publication.

 

💭 Ça peut être aussi varié que :

  • résoudre un problème chez ta cible ;
  • divertir les gens ;
  • les toucher en plein cœur avec une histoire ;
  • asseoir ton expertise ;
  • inspirer ;
  • laisser une trace ;
  • ouvrir des opportunités ;
  • transmettre un message important…

Un livre sans pourquoi clair est un livre difficile à défendre. Et spoiler : à un moment, tu devras le défendre, devant un public, en interview, ou auprès de ton canapé qui est particulièrement persuasif (surtout lui d’ailleurs). Parce que lui, il a Netflix, il a un plaid bien chaud, zéro exigence cognitive et un talent certain pour te transformer en petit légume vapeur devant n’importe quelle série.

Alors écris ton pourquoi noir sur blanc : J’écris ce livre pour [ta cible] afin que [en quoi tu veux les aider].

Ça s’applique aussi si tu souhaites écrire un roman, même si, je sais, ça paraît moins évident.
Exemple : J’écris ce livre pour les lecteurs qui adorent les thrillers afin qu’ils frissonnent comme jamais (et qu’ils vérifient deux fois que la porte est bien verrouillée).

📌 Maintenant, placarde-la PAR-TOUT. Sur ton frigo. En fond d’écran de ton ordinateur. Sur le miroir de ta salle de bain. Dans ton carnet. Sur ton chat (non, n’écris pas sur ton chat).

Bref, là où ton regard tombera les jours où tu te demanderas pourquoi tu t’infliges 80 000 mots supplémentaires.

Préparer l’architecture (ou comment éviter que ton grand huit ne déraille)

Bon. Tu as ton pourquoi, les rails émotionnels sont posés. Maintenant, on va parler béton, vis, boulons, et architecture. 🏰 Parce qu’un grand huit sans structure, c’est un accident industriel.

Je sais. Tu as envie d’écrire tout de suite. Mais avant de ciseler des phrases, commence par déterminer où tu vas.

Prends un moment pour brainstormer. Sors les feutres si ça te fait plaisir 🖍️. Note toutes tes idées, sans filtre. Puis dessine le squelette de ton livre : les grandes parties, les chapitres, les idées clés, la progression logique.

Tu n’as pas besoin d’un plan parfait (surtout si tu es allergique aux plans détaillés), tu as seulement besoin d’un plan suffisant. Du genre qui répond à cette question : si je suis lecteur, est-ce que je comprends où on m’emmène ? 🗺️

Ta structure, c’est la barre métallique que tu abaisses avant que le manège démarre. Celle qui te maintient solidement attaché(e) à ton siège pour ne pas valser dès le premier looping. Parce que crois-moi, le looping arrive.

Et le jour où ton cerveau te soufflera que ce serait peut-être plus intelligent de changer complètement d’angle d’approche, de tout recommencer depuis le début… ou carrément de commencer un autre livre 😱, cette barre sera toujours là.

Oui, ton cerveau est incroyablement créatif quand il s’agit d’éviter l’inconfort. Ta structure, elle est là pour t’empêcher de sauter du wagon en plein vol 🎢

Découper pour ne pas paniquer (ou éviter de vomir avant le premier looping)

Parce qu’écrire un livre, c’est un projet tellement énorme qu’il peut donner envie de s’allonger par terre, face contre sol, comme un enfant qui refuse de monter dans le manège… sauf que là, tu as déjà fait 45 minutes de queue, tu tiens ton billet, et le wagon commence déjà à grimper lentement, trèèèès lentement… 😬

Écrire un livre provoque exactement ce genre de montée lente et angoissante. Alors qu’écrire 500 mots pour le chapitre 2, ça paraît tout de suite beaucoup plus raisonnable.

Un livre, comme n’importe quel projet ambitieux, n’est pas un bloc compact de 80 000 mots. 📋 C’est une succession de micro-tâches : de petites montées, de petits virages, bref, des étapes parfaitement franchissables.

Et je ne sais pas pourquoi, mais dès qu’on parle d’un projet artistique, découper en micro-tâches et planifier des sessions d’écriture dans son agenda, ça sonne comme une trahison à la créativité. Ben non. 👉🏻 C’est pas parce que tu écris que tu dois t’en remettre au hasard cosmique.

Tu as le droit (et même la responsabilité 👀) d’apporter un minimum d’organisation à ton grand huit.

Par exemple :

  • Semaine 1 : plan détaillé ;
  • Semaines 2 à 6 : rédaction brute (sans te relire toutes les 5 minutes) ;
  • Semaine 7 : relecture de la structure ;
  • Semaine 8 : réécriture ;
  • Semaines 9 à 11 : bêta-lecture (c’est une âme charitable qui va faire office de premier lecteur pour te dire ce qui est top et ce qui peut être amélioré 🤓).

Est-ce que ça se passera exactement de cette manière ? Nope, mais c’est une vision globale qui va rassurer ton cerveau 👌🏻.
Et un cerveau serein, c’est un cerveau qui coopère 😊

Maintenant que tu as la structure globale, il est temps de planifier des créneaux dans ton agenda. Tu peux décider :

  • Combien de sessions d’écriture par semaine ?
  • Combien de temps par session ?
  • Quel objectif de mots approximatif ?
  • Quelle date cible réaliste ?

Pas pour te mettre une pression toxique, hein. Mais pour t’éviter que ce projet ne devienne ce truc que tu feras un jour peut-être… Traite ton livre comme un client. 🗓️ Tu n’annulerais pas un rendez-vous client pour regarder une série, si ?! Alors traite chaque session d’écriture planifiée dans ton agenda de cette manière.

Trouve ton partenaire de crime (ou de responsabilité) 🤝🏻

Écrire seul(e), c’est romantique. Mais abandonner seul(e) dans son coin… ça peut être très rapide. Alors n’hésite pas à chercher :

  • un(e) autre auteur(e) ;
  • un groupe d’écriture (sur Discord, sur Facebook…) ;
  • un(e) mentor(e) ;
  • un binôme…

Quelqu’un à qui dire combien de mots tu as écrit cette semaine. Quelqu’un qui te demandera où tu en es. Quelqu’un qui te rappellera que tu n’es pas la seule personne à traverser le désert. Parce que la responsabilité partagée est un accélérateur incroyable ! ⚡️

L’étape euphorique (a.k.a. la lune de miel)

Au début, tout est fluide et enivrant. C’est une phase magique ou les idées fusent, tu parles de ton livre comme s’il était déjà terminé, tu imagines la couverture, tu vois déjà tes lecteurs surligner tes phrases et te citer… 😎

On est juste après le premier looping. Celui où tu lèves les bras, où tu souris pour la photo automatique, ou ton serre-tête Minnie est encore parfaitement en place et où tu te dis que ça va juste être incroyable.

C’est normal, c’est grisant et t’as bien raison d’en profiter. Mais ne prends pas de décisions stratégiques dans cette phase euphorique, parce que c’est un peu dangereux 😌

N’annonce pas une date irréaliste. Ne promets pas 12 bonus. Ne dis pas qu’il sera terminé dans trois mois… ☝🏻 L’enthousiasme est un moteur, pas un calendrier. Et c’est un peu dangereux de trop t’emballer, parce qu’à ce stade, ton livre est parfait dans ta tête, et tu le crois invincible.

Tu n’as pas encore affronté :

  • les incohérences ;
  • les transitions bancales ;
  • les répétitions ;
  • les chapitres qui ne tiennent pas debout…

Mais cette euphorie est très précieuse, c’est elle qui te donne de l’élan 💪🏻
Le piège serait de croire que tout le trajet ressemblera à ce moment. Un livre ne se termine pas grâce à l’excitation du premier looping. Il se termine parce que tu restes attaché(e) jusqu’à la fin du parcours.

Le grand désert (et pourquoi il est inévitable)

Il y a un moment dont on parle très peu, pas Instagrammable, pas très « Je vis ma meilleure vie d’auteur(e) »… 🙃

C’est le moment où :

  • ton idée semble soudain beaucoup moins brillante ;
  • ton texte te paraît lourd ;
  • tu relis un passage en te demandant pourquoi tu as écris ça… ;
  • ton agenda te rappelle que tu as déjà un business à faire tourner, une vie sociale, un frigo vide et trois lessives en retard.

🌵 Bienvenue dans le désert. Et si tu écris sur ton temps personnel, laisse-moi ajouter une couche : tu viens d’augmenter ton nombre de décisions quotidiennes.

Tu as déjà entendu parler de fatigue décisionnelle, théorie développée par Roy Baumeister ? Cette sensation en fin de journée où choisir entre pâtes et riz devient un dilemme stratégique majeur ? Plus tu prends de décisions dans ta journée, plus tu épuises ton cerveau. 🥵 Comme un muscle.

Écrire un livre, c’est multiplier les décisions :

  • Quel angle ?
  • Quel exemple ?
  • Ce chapitre avant ou après ?
  • Est-ce que ce passage est clair ?
  • Est-ce que ce personnage devrait vraiment faire ça ?

Ah, et si tu écris un roman ? C’est multiplié par le nombre de personnages. Tu trouves déjà compliqué de gérer ta propre vie ? Maintenant, tu dois gérer la vie de cinq êtres fictifs avec leurs traumas, leurs désirs, leurs contradictions et leurs décisions douteuses 😅

Évidemment que ça fatigue. Et c’est précisément ici que la majorité des projets s’arrêtent. Pas par manque de talent, certainement pas par manque d’idées, mais par manque d’endurance.

Le désert n’est pas un échec. Je te promets que ce n’est pas un signe de l’univers pour te dire que tu n’es pas fait(e) pour ça. C’est juste une étape (quasi) obligatoire, parce qu’un grand huit sans descente, ça s’appelle juste une colline, en fait 🗻

Quand l’enthousiasme baisse, l’inspiration ne suffit plus. Et c’est là que ton organisation (et tout ce que tu as mis en place avant) va prendre le relais.

Rappelle-toi ton pourquoi. Respecte tes créneaux. Avance même si c’est imparfait. Suis le plan.
Ajuste-le si nécessaire, mais stratégiquement, pas sous le coup de l’émotion. Un livre se termine rarement dans l’exaltation. Il se termine dans la constance… 🙌🏻

Ce que l’écriture transforme chez toi (même si tu ne t’y attendais pas)

On croit qu’on écrit un livre. En réalité, le livre nous écrit aussi 🫰🏻

Quand tu montes dans un grand huit, tu ne ressors pas exactement comme tu es monté(e). Tes cheveux sont un peu en bataille. Ton estomac a vécu… une expérience… Ton rapport au vertige a changé.

Écrire un livre, c’est un peu pareil. Sur plusieurs mois (parfois plusieurs années), tu ne fais pas qu’aligner des mots. Tu apprends à tenir dans la durée, à rester attaché(e) quand ça secoue et à garder les yeux ouverts même quand la pente est raide 🫣

Tu développes une endurance mentale (très précieuse), une capacité à tolérer le doute sans tout arrêter. À continuer même quand tu ne te trouves pas particulièrement brillant(e). Mais surtout, tu y mets de toi. Même dans un livre professionnel.

Tes expériences, tes échecs, tes convictions, ta manière de voir le monde s’y glissent toujours, consciemment ou non… Écrire un livre t’oblige à préciser ce que tu penses vraiment, à trancher, à assumer une posture, et à dire : voilà comment je vois les choses.

Et tout ça, ça transforme… 🪄

La fin n’est pas tout à fait la fin

Tu as tapé le mot Fin : yeaahhh ! 🎉 Tu ressens sans doute un mélange étrange de fierté, de soulagement et d’épuisement. Et tu te dis que tu vas enfin pouvoir souffler… Euh… Pas tout de suite, chaton.

Parce que commence une nouvelle phase : relectures, corrections, retours extérieurs, choix éditoriaux, décisions sur le mode de publication, réflexion sur la stratégie de lancement et plan de communication… 😵

Beaucoup pensent que le plus dur est d’écrire. Parfois, le plus exigeant est d’en parler. Parce que publier un livre, c’est accepter qu’il ne soit plus seulement à toi. Qu’il circule, qu’il soit interprété, qu’il suscite des réactions (parfois enthousiastes, parfois critiques).

Et pourtant, c’est aussi là que la magie opère. ✨ Un livre peut asseoir ton expertise de manière durable. Il peut ouvrir des opportunités inattendues. Il peut créer des connexions profondes avec des lecteurs qui se reconnaissent dans tes mots. Il peut devenir un pilier de ton écosystème professionnel.

Et on va t’en parler pendant encore lonnnngtemps ! 😊

Alors, faut-il acheter ton ticket et monter dans le manège ?

Si tu cherches la gratification rapide ou un projet simple, ce n’est sans doute pas le bon manège. Mais si tu es prêt(e) à construire dans la durée et à traverser l’inconfort pour aller au bout, alors un grand oui ! 🤗

Écrire un livre n’est pas un sprint, c’est un engagement. Un grand huit avec des montées, des descentes et quelques moments où tu te demanderas pourquoi tu as eu cette idée. Mais un grand huit qui transforme.

Un chapitre à la fois 📖

Écrire un livre, ça ressemble à quoi réellement ?

Parce qu’un livre, ce n’est ni un sprint ni une utopie. C’est un projet long, exigeant, parfois épuisant. Au début, l’euphorie te porte, puis arrive le désert : doute, fatigue décisionnelle, agenda surchargé, inspiration en berne… La plupart des abandons ne viennent ni d’un manque de talent, ni d’idées… mais d’endurance.

La motivation est un booster, l’organisation est un moteur. Quand la phase d’euphorie se termine, ce qui reste, c’est : un pourquoi aligné, une structure qui te guide quand ton cerveau panique, des sessions d’écriture planifiées comme des RDV clients, et parfois un partenaire de responsabilité pour te rappeler que tu n’es pas seul(e).

Parce qu’on pense « juste » écrire un livre… alors que le livre nous écrit aussi. Pendant des mois, tu vis un grand huit intérieur : montées d’enthousiasme, descentes de confiance, virages inattendus, doutes et remises en question etc. Mais c’est aussi ce qui transforme. Tu développes de l’endurance, tu assumes une posture, bref tu y mets littéralement de toi.

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