Démissionner pour devenir Freelance

Démissionner pour devenir Freelance

Que ce soit via de nombreuses discussions avec celles et ceux que je rencontre dans le cadre de ma vie de Freelance ou via les coachings personnalisés lancés il y a quelques semaines, j’ai de plus en plus de questions concernant la démission pour prendre son envol. J’avais écrit un billet ici au moment ou j’ai démissionné de mon CDI pour ne vivre que de mon activité, mais plusieurs années se sont écoulées depuis et j’avais envie de venir vous en parler de nouveau.

Mon expérience salariat + Freelance

Mon auto-entreprise est enregistrée depuis le mois de Mai 2013. À ce moment là, et ce pendant un peu plus d’un an, je n’ai travaillé exclusivement qu’avec Google (Visites Virtuelles pour les Pros). En Juillet 2014, le chiffre d’affaires généré avec Google était trop peu important pour me permettre d’en vivre. C’est donc avec une motivation similaire à celle d’un lendemain de soirée que je postulais à une offre d’emploi d’assistante dans une grande entreprise. J’ai signé un CDI en Novembre 2014, sachant pertinemment que le salariat n’était de toute façon pas pour moi, mais sans en avoir encore la preuve. Sur ces 10 mois de salariat, il y a eu plusieurs phrases :

  • Phase 1, l’entrain d’aller travailler et servir l’entreprise. Au départ, j’étais contente. Je quittais l’ennui de mon appartement pour un 35h plein de nouvelles petites missions. J’occupais un poste dense, ou l’on ne s’ennuie pas (en apparence) car toujours dans le rush quelque soit le moment de la journée. En plus, j’avais en charge des grands comptes, alors je m’appliquais.
  • Phase 2, les formations. Très rapidement, je suis partie en formation à l’autre bout de la France (vers Caen tout là-haut), où je me suis ennuyée à mourir. Une formation c’est bien quand tu sais que tu vas rester plusieurs années au même poste. Mais je savais au fond de moi que mon délire de salariée sur ce nouveau poste n’allait durer que quelques mois, pas plus. C’est donc à ce moment là que le poids des contraintes est apparu : obligée d’aller en formation loin de mon appartement, pour un poste qui était tout sauf un « dream job », l’horrible sensation de la perte de temps. Tu vois ?
  • Phase 3, la signature du CDI. En revenant de formation, il s’est écoulé environ 6 semaines avant la signature de mon CDI. Je dépassais les objectifs qui m’étaient fixés mensuellement, je terminais mon travail en avance, j’étais toujours à jour dans mes mails… alors que mes collègues (qui exerçaient ce poste depuis des aaaaannnées) étaient à la ramasse. Il m’arrivait même parfois de les avancer dans leur travail à elles.
  • Phase 4, le développement de mon entreprise. Tout au long des autres phases, il était hors de question pour moi de lâcher mon auto-entreprise. J’honorais quelques missions de temps à autre en parallèle de mon statut salarié, le soir, en rentrant. Mais après la signature de ce CDI, j’ai eu sincèrement l’impression d’être enfermée, piégée. Alors je me suis sortie les doigts, et j’ai travaillé pour décrocher des contrats en community management.
  • Phase 5, la fatigue générale et l’ennui. Début 2015, je n’en pouvais plus. J’enchaînais ma journée de travail salariée puis celle en indé, tous les jours, toutes les semaines. La fatigue empirait de mois en mois. Rajoutez à ça les challenges inexistants dans mon job salarié… Frustration + ennui = pétage de câbles.

La démission

C’est donc 10 mois plus tard, en Avril 2015, que j’ai démissionné. Je suis, de base, quelqu’un qui ne se pose pas 1500 questions avant de prendre une décision. Je suis impulsive, mais surtout, je n’ai pas envie de perdre mon temps. Alors j’agis. Je me souviens d’une pause dej, un mardi midi, avec une collègue de travail qui me poussait vers la sortie avec des mots justes : « Julia, ton énergie doit être ailleurs, ton énergie doit être placée dans une entreprise qui est la tienne, c’est trop précieux » (F. si tu passes par là, merci !).

Le lendemain, mercredi à 10h, je donnais ma lettre de démission au directeur. Un modèle de lettre de démission chopé sur Internet la veille au soir. Ecrite avec le sourire au lèvres et avec 1 million de pensées positives de tout ce que j’allais pouvoir accomplir avec 35h de plus par semaine. Mais aussi (et surtout), un réel soulagement, comme si je partais d’une cellule de prison, je retrouvais ma liberté. 

Alors ouais c’est un peu fou de se sentir enfermée lorsque l’on est dans une entreprise dans laquelle tout se passe plutôt bien pour nous : nos collègues sont sympa, on s’apprécie, et l’ambiance est bon enfant. Quitter cette atmosphère m’a fait mal au coeur. Mais je ne pouvais plus vivre avec cette frustration des missions pourries, d’opportunités d’évolution inexistantes et de challenges minuscules.

Et après ?

J’ai toujours été transparente avec vous sur ce blog, et ce n’est pas aujourd’hui que cela va changer :) Du coup, pour être très honnête après la démission : j’en ai chié. Démission = pas de droit au chômage = plus de rentrées d’argent. Celles et ceux qui me lisent depuis longtemps savent qu’évidemment je n’avais pas d’économies de côté (ou très peu, 800 euros pour être exacte) parce que trop dépensière (là ma maman rage en lisant ce billet je pense).

Alors j’ai claqué mes 800 euros dans un publi-rédactionnel dans un webmag régional. Coup de poker. Et ça a marché, j’ai obtenu 7 clients d’un coup, sur la durée. Et c’est à ce moment là que ma vraie vie de Freelance a commencé, nous étions en Juin 2015. Et depuis, je prends un malin plaisir à vous partager mes « up and down » de Freelance, et dans 1 mois, je viens vous faire un BIG bilan de mes 4 ans d’indépendance (ou presque, du coup).

Et toi, c’est pour quand ?!

Je l'ai fait ! Et c'est sans te mentir la meilleure décision de toute ma vie.

Ils sont prêts

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13 Commentaires

  • Aurore
    10 avril 2017 18 h 49 min

    Merci Julia, pour cette article, tes mots sont toujours très encourageants ! Par contre ça m’intrigue, tu travaillais chez Google pour les visites virtuelles chez les pro, qu’est-ce que c’est que ça ? Ils cherchent pas d’autres personnes ?

    • Julia
      11 avril 2017 8 h 09 min

      Hello Aurore !
      Je bosse avec un photographe agréé Google, peut-être qu’ils recrutent encore des photographes en France, je t’avoue n’en avoir aucune idée !

  • Damien
    11 avril 2017 9 h 46 min

    Je me reconnais bien dans ton premier paragraphe, enfermé dans un CDI qui n’offre aucune perspective et aucune satisfaction alors que mes missions de micro entrepreneur me motivent plus que jamais.
    Mais voilà étant devenu propriétaire grâce à un ancien CDI de « planquer » (et oui ça a des avantages) je me retrouve dans l’obligation chaque mois d’assurer une mensualité qui freine mon désir de profiter de mon statut d’indépendant à plein temps qui pour le moment ne me permet pas de dégager un salaire complet.
    Bref je me suis fixé une date butoir celle de mon mariage en fin d’année ce qui me permettra de me concentrer pleinement sur un seul objectif car cumuler CDI, micro entreprise et préparation d’un mariage ce n’est pas très sain.
    En tout cas je découvre ton blog avec ce premier article et ne manquerais pas d’en découvrir plus ;)

    • Julia
      11 avril 2017 10 h 30 min

      Hello Damien !
      Effectivement, les mensualités peuvent vite te décourager en amputant à chaque fois une certaine somme de ton CA.
      Reviens par ici de temps en temps pour chopper des ondes positives :D
      Belle continuation à toi !

  • madagascarian
    11 avril 2017 12 h 33 min

    heyyy,

    Tu a un parcours admirable quand même, j’imagine qu’être en freelance est largement mieux, je te souhaite donc une très bonne continuation ! :)

    Xx

    • Julia
      11 avril 2017 15 h 58 min

      Hey merciii !

  • Aurélie
    11 avril 2017 15 h 56 min

    Je suis exactement dans la position de celle qui se retrouve coincée dans un CDI qu’elle n’aime pas, qui travaille à monter son propre projet… Mais j’ai décidé que fin Juin, j’arrêtais. J’ai la chance d’avoir un mari qui peut m’assurer le côté « sécurité » pour payer le crédit de la maison qu’on vient d’acheter et je me dis qu’au pire, je trouverai autre chose… En espérant ne pas devoir le faire évidemment ;)
    Merci pour cette dose de motivation !

    • Julia
      11 avril 2017 15 h 57 min

      Hello Aurélie !
      N’hésites pas à venir me dire comme ça se passe surtout :)
      Bonne continuation !

  • Deborah
    18 avril 2017 13 h 30 min

    Bonjour Julia,

    Je découvre ton blog avec plaisir et enthousiasme. Je me retrouve totalement dans ta description, du mal à m’épanouir dans une société, tout simplement car je pense que ce n’est pas fait pour moi. Autour de moi, personne n’est freelance, et j’ai donc peu de « modèles » et de sources d’inspiration. C’est maintenant chose (virtuelle) réparée. Pour ma part, je lis « Créez le job de vos rêves et la vie qui va avec » (je vais d’ailleurs les résumer sur mon blog) mais je pense qu’à peu de chose près je sais ce que j’aime faire…Reste plus qu’à mettre les choses en place…Puis-je te demander comment tu as fait pour te démarcher en tant que community manager et quels sont, à ton sens, les atouts et compétences à posséder ?
    Un tout grand merci pour ton précieux retour et belle continuation à toi,
    Deborah

    • Julia
      19 avril 2017 8 h 27 min

      Hello Déborah !
      C’est clair que c’est difficile de se positionner, de s’inspirer ou tout simplement de se rassurer lorsque l’on est solo dans son monde et que nous n’avons aucun entrepreneur autour de nous :( . Au départ, pour démarcher en CM, j’ai fais du phoning et des publications dans des magazines régionaux. Ça m’a aidé à trouver mes premiers clients. Puis le bouche à oreille à fait son chemin :) .
      Les atouts et les compétences sont assez aléatoires (il y a des CM spécialisés Ads, d’autres rédaction, d’autre stratégie marketing dans son ensemble…), l’essentiel est d’être toujours à l’écoute, en alerte et faire ton boulot le mieux possible :)

      Belle journée :)

      • Deborah
        20 avril 2017 16 h 55 min

        Merci pour ta réonse !

  • gicarmel
    22 avril 2017 14 h 59 min

    J’ai découvert ta chaine Youtube aujourd’hui qui m’a menée vers ton blog! Quel article inspirant!!! J’espère suivre cette voie prochainement. Merci pour le partage

    • Julia
      23 avril 2017 16 h 27 min

      Hello Ghislaine, merci :D !!

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